Habitat collectif participatif : bienvenue chez vous

C’est le défi de l’écoquartier Daudet pour l’année 2020 : démarrer la construction d’un habitat collectif participatif, pensé et géré par les habitants. Zoom sur le projet L’arrosoir qui propose de vivre différemment.

« Ferme à partager. » « Cherche de nouveaux membres pour construire ensemble et vivre autrement. » « Une coopérative d’habitant vous attend à Crolles »… Il n’est pas rare de trouver des petites annonces proposant d’intégrer un projet d’habitat collectif participatif. Mais qu’est ce que c’est ? « Des habitants s’impliquent dans la conception et la gestion d’un habitat. Ils choisissent de mutualiser des finances, des espaces, des services, du temps… pour créer un lieu de vie adapté et pérenne. » Une définition simple publiée sur le site de l’association Les Habiles (Habitats isérois libres et solidaires), qui dénombre par ailleurs une dizaine de projets participatifs dans l’agglomération. C’est aussi elle qui accompagne les futurs propriétaires du projet martinérois L’arrosoir.
Depuis an un, Nathalie Dico, Marion Duwig, Loïc Laplatine et Nathalie Perrin se rencontrent régulièrement pour avancer dans la conception de leur futur logement, en plein cœur de l’écoquartier Daudet. Ce qui les motive plus que tout ? Faire vivre un modèle de voisinage fondé sur l’entraide et la mixité, dans le respect de l’intimité.

Un habitat participatif collectif, kézako ?
Pour ces futurs voisins, c’est avant tout « l’opportunité de vivre ensemble différemment, à travers des valeurs d’échanges, de bienveillance et de solidarité ». Cela se concrétise par le partage d’espaces communs comme une chambre d’amis, un jardin, un atelier bricolage ou une buanderie… Des lieux pour mutualiser des espaces et des équipements, mais aussi pour se rencontrer et échanger, dans le respect des espaces privatifs de chacun. Marion, 30 ans, a plus de dix ans de colocation et de nombreux voyages à l’étranger derrière elle. Il est important qu’elle vive dans un endroit où elle connaît ses voisins, « pour renouer avec une vraie vie de quartier : une ambiance familiale, toutes générations confondues, avec des liens et de l’entraide ». Un peu comme en Colombie où elle croisait des familles entières qui se retrouvaient sur un terrain partagé. Celui-ci devenait un véritable lieu d’échanges et de vie. Séduite par Saint-Martin-d’Hères -où elle a habité un temps-, l’accessibilité -elle se déplace à vélo et en transports en commun-, Marion et son compagnon Loïc n’ont pas hésité à rejoindre le projet.

L’arrosoir, pour faire germer la solidarité
Le groupe d’habitants n’est pas au complet, vous êtes donc les bienvenu(e)s à L’arrosoir. Les futurs propriétaires se penchent sur les plans avec l’aide de l’association Les habiles, le promoteur Isalis et l’architecte. À l’heure actuelle, sont prévus huit appartements labellisés RT 2012 – 20 %* -trois T4, deux T3, et trois T2- et des pièces communes totalisant 80 m2. « Mais rien n’est figé et tout peut évoluer », précise Marion. Sauf le démarrage des travaux qui est bel et bien est prévu pour la fin de cette année et la livraison en 2022.
Pensé avec les futurs habitants, ce projet a pour ambition de redéfinir le vivre ensemble autour de valeurs authentiques, sans renier l’approche environnementale avec notamment le choix du chauffage urbain, la proscription de PVC** et la préférence pour des matériaux issus des filières courtes et locales. « Et pourquoi pas faire germer des initiatives dans le quartier ? », espère Marion. Car cette forme d’habitat pourrait être un début de réponse à des enjeux de société comme la réduction de son empreinte écologique, la crise du logement, l’isolement des personnes âgées… « Et le manque de mixité, sociale et intergénérationnelle. » Marion tient à cette mixité. Elle est ergothérapeute et son compagnon chercheur en physiques. Parmi ses futurs voisins, il y aura une médiathécaire et une comptable. Elle attend avec impatience tous les autres, ceux qui voudront bien faire partie de ce projet grandissant et enrichissant.
*La mention – 20 % indique que le programme immobilier vise une performance énergétique plus exigeante à la RT 2012.
**PolyChlorure de Vinyle.

Venez les rencontrer
Et vous renseigner
Habitat participatif L’arrosoir
Mardi 14 janvier 2020 à 19 h
À la MNEI, Maison de la Nature et de l’environnement de l’Isère (5 place Bir Hakeim, 38 000 Grenoble)
Renseignements au 06 66 48 56 31