La « touch » martinéroise engagée dans la Coupe du monde

La sélection française de touch rugby est en Malaisie pour participer à la Coupe du monde qui s’y tient jusqu’au 4 mai 2019. Elle espère se distinguer face aux plus grands de la discipline. Zoom sur une équipe ambitieuse et sur un sport encore méconnu en France.

Ils sont quinze joueurs, âgés de 18 à 32 ans, à prendre part à cette 6e Coupe du monde de touch. Une compétition à laquelle ils se préparent depuis sept mois, au rythme d’une préparation individuelle intense et une d’autre, collective, sous forme de stages programmés aux quatre coins de la France. Le dernier en date, les 5 et 6 avril, s’est déroulé à Saint-Martin-d’Hères, sur la pelouse du stade Robert Barran. Là où le touch français est né en 2001, un demi-siècle après son apparition dans l’hémisphère sud (1). Depuis, le club martinérois s’est fait un nom, le SMH Bues Touch. Il est devenu un centre de formation incontournable dans la région, et même un vivier pour les équipes de France. Dans le groupe actuel, neuf personnes (six joueurs et trois encadrants) jouent ou ont joué au touch à Saint-Martin-d’Hères.

Tenter l’exploit : un ticket pour le carré final

Les Français sont tombés dans une poule difficile : Nouvelle-Zélande, Irlande, Pays de Galles, Pays-Bas, Papouasie-Nouvelle-Guinée, les États-Unis, les Îles Cook et les Philippines. Seuls les deux premiers seront qualifiés pour les demi-finales. « Notre ambition est de faire un bon résultat, et pourquoi pas d’atteindre le carré final ? Ce qui serait déjà un exploit car le niveau est beaucoup plus élevé qu’en Coupe d’Europe où nous avions terminé troisième », annonce d’emblée le sélectionneur national Vincent Martin. Le coach compte sur le point fort de son équipe, sa cohésion. « Ce groupe a envie d’être ensemble, on y joue les uns pour les autres. » Un collectif soudé avec quelques individualités capables de faire la différence. Comme le joueur Cyril Pezzani, 31 ans. Son style -tout en élégance et en agilité- ainsi que son expérience internationale sont des atouts pour ses coéquipiers. Il y a aussi Théo Beurgaud et le jeune capitaine Yannick Bizet, tous deux âgés de 25 ans. Remarqué de l’autre côté du globe, ce dernier s’en ira jouer au plus haut niveau du championnat australien dès la fin de la compétition (2). En attendant, il prévient : « Il n’y aura pas de match facile. Nous allons affronter des nations où le touch se joue aussi bien dans un parc que dans un club, et qui s’enseigne parfois à l’école. »

Un sport peu connu en France

700 000 licenciés en Australie, 25 000 en Angleterre, et… 1 621 en France (1 207 hommes et 414 femmes). Même si le nombre a augmenté de 20 % ces trois dernières années et que les clubs affiliées à la fédération nationale de touch se multiplient (soixante), ce sport reste méconnu en France. Touch France offre peu de moyens pour le développer à un haut niveau. Elle n’a d’ailleurs pas participé au financement de cette aventure sportive, mais ses partenaires ont permis de réduire de 20 % les frais, le reste étant pris en charge par chaque membre de l’équipe. La manageuse Charlène Porta a dû composer avec un budget de 2 100 € par personne.

Le touch, kézako ?

Pour faire simple : il n’y a ni plaquage, ni mêlée, ni jeu aux pieds. C’est un sport d’évitement mais comme au rugby, les passes se font vers l’arrière. L’équipe attaquante garde le ballon jusqu’au cinquième touché. Au sixième, il passe chez l’adversaire. Le coach adjoint Adrien Bouillet, ancien joueur de rugby et de touch (dont il a été le capitaine de l’équipe de France), nous en dit un peu plus. « La technique individuelle est la même mais la lecture du jeu et le collectif sont complètement différents, avec des règles très strictes. Il suffit de se faire frôler pour arrêter le jeu. Il y a toute une stratégie à mettre en place en fonction du nombre de possessions, exactement comme dans le rugby à XIII. » De par sa non violence, le touch est ouvert à tous, en loisirs comme en compétition où des équipes mixtes sont engagées. Il y a même une catégorie ouverte aux plus de 40 ans. Pour Adrien Bouillet comme pour Vincent Martin, le message répété aux joueurs français est clair : « Le talent vous l’avez, il n’y aucun doute. Faut y aller maintenant ! » Salima Yediou

1 Le touch a été importé en France par Jacques Grossi, et développé avec l’aide de Jean-Louis Ambregni, membre actif du club de rugby martinérois.
2 En Australie, les compétitions nationales sont d’un meilleur niveau que les rendez-vous internationaux. Certains matchs sont même retransmis à la télévision. Pour autant, il n’y a toujours pas de joueur professionnel.

Pour les suivre et les encourager, rendez-vous sur youtube, Facebook : https://www.facebook.com/pg/TouchFranceMO/ , et Instagram : https://www.instagram.com/touch_france_mo/

Catégorie Men’s Open

Joueurs :

1/ Thibaut Charreyre, 27 ans
2/ Christian Cheam, 31 ans
3/ Alban Duchateaux, 30 ans
4/ Raphael Roset, 24 ans
5/ Maxime Malard, 26 ans
6/ Théo Beurgaud, 25 ans
7/ Cyril Pezzani, 31 ans
8/ Yannick Bizec, 25 ans
9/ Hugo Berriat, 26 ans
10/ Flavien Leclerc, 24 ans
11/ Fabien Cellitti, 31 ans
12/ Luca Mignot, 18 ans
13/ Rémy Merloz, 25 ans
14/ Valentin Merloz, 22 ans
15/ Lucas Faugeron, 27 ans

Encadrement :

Adrien Bouillet, coach assistant 35 ans
Vincent Martin, coach 40 ans
Dimitri Massoteau, kinésithérapeute 30 ans
Charlène Porta, manageuse 25 ans