60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, deux soirées pour porter un regard éclairé

Après La Guerre programmé en mars, Mon Ciné poursuit la célébration du 60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie avec, à l’affiche en novembre, Ne nous racontez plus d’histoires ! de Carole Filiu-Mouhali et Ferhat Mouhali, et Ici on noie les Algériens de Yasmina Adi. Deux films-documentaires pour revenir sur une guerre qui a secoué l’Algérie et la France ; deux soirées pour lever le voile sur des tabous encore douloureux, pour contribuer à éclairer et à comprendre, pour débattre de ce pan d’histoire commune aux deux pays, pour honorer, aussi.

« Faire entendre une vérité plus apaisée »

Proposé en partenariat avec les associations Asali, Algérie au cœur et le Collectif du 17 octobre 1961, Ne nous racontez plus d’histoires ! (jeudi 17 novembre, 20 h, Mon Ciné) trouve son point de départ dans le vécu et la mémoire des deux réalisateurs : Carole Filiu-Mouhali, Française et fille d’un père “pied-noir”, marquée « par les souvenirs traumatisants d’un départ forcé » ; et Ferhat Mouhali, Algérien bercé « d’un récit mythifié d’une indépendance glorieuse ».

Dans le film, pas de héros. Mais la parole donnée à des témoins « aux discours volontairement oubliés et qui se battent contre la guerre des mémoires pour faire entendre une vérité plus apaisée ».

Récompensé de la Mention spéciale au Festival du film et Forum international sur les droits humains (Genève, 2022), Ne nous racontez plus d’histoires ! Éclaire la guerre d’Algérie, ses traumatismes, d’un autre regard. Les spectateurs pourront en débattre avec Ferhat Mouhali à l’issue de la projection.

« Mettre en lumière une vérité encore taboue »

Ici on noie les Algériens (dimanche 4 décembre, 17 h, Mon Ciné), s’ancre à Paris. Le 17 octobre 1961, la police, aux ordres du préfet Maurice Papon, réprime avec une extrême violence la manifestation pacifique de milliers d’Algériens venus défiler pour s’opposer au couvre-feu qui leur est imposé et clamer le droit à l’indépendance de l’Algérie.

Originaire de Saint-Martin-d’Hères, la documentariste Yasmina Adi a réalisé ce film-documentaire en 2011*
. Entre témoignages, archives inédites, histoire et mémoire, passé et présent, elle retrace chaque étape de cet événement, révèle « la stratégie mise en place au plus haut de l’État : manipulation de l’opinion publique, récusation systématique de toutes les accusations, verrouillage de l’information… ».

L’historien Gilles Manceron sera présent pour échanger avec le public lors de ce ciné-débat proposé en partenariat avec l’association SMH histoire – Mémoire vive.

*Le film a reçu, en 2012, le Prix Terre(s) d’Histoire du Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société. Il a été nommé (2012) pour le César du meilleur film documentaire.

Ces deux soirées sont proposées dans le cadre de la saison 2 (septembre-décembre) de la programmation collective “Fin de la guerre et indépendance : des récits et des solidarités en partage”. Retrouvez l’intégralité des événements sur culture.saintmartindheres.fr